CAGOT ou CACOT
Nom donné, dans le sud ouest à des miséreux traités en parias et
rejetés de la société. Ce terme puise peut être, ses origines dans
différents surnoms injurieux .
Caa-got : du Vième siècle (chien Goth)
bigot : adressé aux Normands dès le XIIième siècle (ancien juron
anglais bî god, par Dieu)
On les appelait gésitains, cagots ou
chrestians,
Les Gézitains (synonyme érudit du nom Cagot, qui toutefois, faisait
référence à la lèpre), étaient appelés aussi Chrestians,
Gahets, Capots, Agots et de bien d'autres noms. Cagot, présente une
analogie avec le mot grec «cacos» qui signifie "mauvais", proche du
mot breton "caqueux" de même signification. Chrestias était synonyme
de lépreux. Ils sont un perpétuel sujet de discussion quant aux
raisons du mépris dont ils étaient l'objet, et quant à leurs
origines, elles sont probablement aussi diverses que la multitude de
noms dont on les affublait.
Hypothèses sur leurs origines
Au Vème siècle. Les Barbares déferlent sur la Gaule, les
Germains, les Huns sous la conduite du farouche Attila, détruisent
tout sur leur passage, vaincus en 451, ils se sont dispersés. Nombre
de ces envahisseurs, touchés par la grâce, demandèrent le baptême et
se firent les défenseurs de la doctrine chrétienne. Une fois
convertis, ils essaimèrent à travers notre région et vinrent se
fixer dans nos villages.
Malgré leurs pratiques religieuses, nos ancêtres, à cause de la
lèpre dont ils avaient été ou étaient encore infectés, ont
considérés comme des suspects, ces barbares d'Outre-Rhin.
Une autre théorie en ferait des descendants de peuples de nos
régions qui ont tardés à se convertir au christianisme et ont
continués à pratiquer la religion "Arianiste" (plusieurs dieux, voir
la Mythologie Pyrénéenne).
Ils
ont été marginalisés,
Cette opprobre, venait sans doute de la terreur engendrée pendant
des siècles par la lèpre et par les effroyables épidémies de peste
qui ravageaient des villages entiers et contre lesquelles la
population était totalement désarmée. C’était à l’origine, des
populations tenues à l’écart pour des raisons diverses, entraînant
une certaine répulsion par crainte de la contagion en référence à la
lèpre. Ils constituaient dans le Sud-Ouest de la France une caste
d’individus marginalisés, confinés dans des quartiers spéciaux et
qui avaient une place à part dans l'église.
Ils n’étaient pas intégrés à la société et ne dépendaient ni de la
gestion de la commune (jurat), ni du système vicomtal. Ils n’avaient
pas de nom de famille ou de maison, ils dépendaient de l’église et
jusqu'à Louis XIV ils n’ont pas payé d’Impôts !
Comment ces gens ont-ils pu subir pendant plusieurs siècles, une
ségrégation aussi sévère : rien, ni la race, ni la langue, ni la
religion ne les distinguait des autres personnes. Les conditions de
vie qui leur étaient faites, étaient comparables à celles des
Intouchables de l'Inde.
Leurs conditions de vie,
Boucs émissaires de la société, ils étaient accusés de tous les
maux: sorciers, hypocrites, voleurs, pédérastes, responsables des
épidémies,... on ne leur épargnait rien. Lors d’un procès on disait
que le témoignage de six cagots était équivalent au témoignage d’un
citoyen. Ils vivaient à l’écart du village et étaient tenus de
porter un signe distinctif : la patte de canard, c'est le signe du
Cagot, qu'ils étaient tenus de porter, taillé dans du drap rouge,
cousu sur leurs vêtements. Ils n'avaient pas le droit de marcher
pied nu et ils ne pouvaient porter aucune arme ni objet pointu ou
tranchant.
Leur travail
Ils ne pouvaient exercer que certaines professions, notamment celles
de constructeurs, charpentier, bûcheron, menuisier, tonnelier,
fabricant de cercueils, ... ; le bois était en effet censé ne pas
transmettre la contagion. Ils pouvaient également être maçons,
vanniers, tisserands... mais jamais, ils n'ont occupé de métiers en
rapport avec l'alimentation: meuniers, bouchers, boulangers...
Il leur était interdit de toucher les éléments naturels, terre, eau
et feu. C’est pourquoi ils avaient leur fontaine dite " fontaine des
cagots ".
Ils ne peuvent remplir aucune charge ni dans l'église ni dans les
municipalités.
Certains d’entre eux exerçaient la profession de maîtres de
chirurgie; ils soignaient et guérissaient les plaies. On leur
prêtait quelques secrets pour la guérison des maladies. Les cagotes,
elles étaient expertes dans la connaissance des plantes (toutes les
sages-femmes avant le 15ème siècle étaient cagotes).
La religion,
Les cagots ne pouvaient se marier qu’entre eux, ils allaient donc
très loin chercher leur conjoint. Ils entraient dans l’église par
une petite porte qui leur était réservée, très basse, comme pour les
obliger à baisser la tête en passant; un bénitier spécial leur était
réservé, ils étaient parqués au fond de l’église pendant les
offices. Sur le registre paroissial, la mention cagot ou gézitain
devait être expressément indiquée.
Une fois morts, ils n'étaient pas mieux traités. On ne les enterrait
pas dans les cimetières
Signes distinctifs
Certains les décrivent comme étant de petite taille, avec une
forte proportion de blonds aux yeux bleus, des oreilles dépourvues
de lobes, des visages disgracieux, d'autres les voient grands, le
teint olivâtre.... autant de descriptions contradictoires. Ils sont
censés dégager une odeur nauséabonde.
Les noms de famille qu’ils portaient ne peuvent pas servir à les
distinguer du reste de la population. On peut trouver dans la même
paroisse des familles portant le même nom, les unes Cagotes et les
autres non.
L'intégration puis l'oubli.
Peu à peu, la ségrégation se fait moins sévère.
Au début du seizième siècle, la proportion des naissances cagot
dans nos villages, étaient assez importante ( 5 à 15%) . Depuis 400
ans, le sang cagot s'est peu à peu répandu dans toutes les familles,
et les gens du Béarn comptant des Cagots dans leur ascendance sont
nombreux, sans qu'ils s'en doutent eux même.
Sous Louis XIV, l'emploi des termes discriminatoires servant à
désigner les Cagots est interdit; on comptait alors en Béarn 2500
cagots. Les humiliations ont malgré tout continuées, pour tourner
l'interdiction, les gens utilisaient le terme de "charpentier"
profession qu'ils exerçaient souvent.
Il faudra attendre la Révolution pour que les cagots soit intégrés.
Cependant, l'opinion publique a conservé un sentiment de répulsion à
leur égard jusqu'au début du vingtième siècle.
MAJ le
10/10/11 -
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