LE PONT - LONG - AUTREFOIS ---
Je suis né à la limite du Pont-long entre Pau et Buros, ce nom, était souvent cité par mes aïeux ; les explications de marécages et zone inculte me paraissaient surprenantes et incomplètes, c’est pourquoi, je me suis attaché à retrouver l’histoire de cette appellation.
Géographie Dans le pays Béarnais, le Pont-long a toujours eu une mauvaise réputation et a longtemps été considéré comme terrain infertile.Immense plaine inculte parsemée de maigres pâturages, de touffes de joncs, de champs de touyas et de bruyère ; situé au Nord de Pau.
Cette bande de terre a une pente peu importante puisque l’on observe environ
100 m de déclinaison sur les 25 km de longueur. Des ruisseaux peu important sillonnent le Pont-long, se traînent au milieu
des marais, sont paresseux et parfois ressemblent à de longues mares.
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Le Luy de Béarn |
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Le Bruscos |
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L’Ayguelonde |
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L’Uzan |
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L’Oussère |
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L’Ousse et le Gave de Pau qui servent de Frontière coté sud. |
Le réseau de ruisselets attaché à ces cours d’eau produit, faute d’écoulement suffisant, des mares et marécages.
Pendant longtemps par suite de l’abondance des pluies sur le Béarn et de l’imperméabilité du sous-sol, l’eau inondait tout naturellement les terres basses. Le travail, les drainages qui ont été réalisés ont permis d’assécher les terres et de les rendre exploitables.
Economie
La lande du Pont long, est restée plusieurs siècles en l’état, grâce à l’action des Ossalois, elle a nuit au développement de Lescar, et a permis à Pau de se constituer et de devenir une préfecture.
A l’origine de l’appellation, plusieurs hypothèses dont « Pal loung » soit long marécage.
Propriétaires du Pont-long, les Ossalois, petit peuple montagnard habitant la contée de Buzi près de la frontière espagnole ont veillés à ce que cette vaste étendue demeure déserte, réservée au pâturage et à la libre circulation du bétail en s’appuyant, sur un droit de propriété plus que millénaire.
Cette lande vide d’habitants, fut une grande étape de la transhumance pyrénéenne. Les montagnards avaient l’habitude d’envoyer leurs troupeaux pacager pendant l’hiver en Gironde ; pour s’y rendre et en revenir, ils traversaient le Pont-Long et y faisaient une halte plus ou moins longue suivant le temps ou la saison.
L’alimentation carnée du Béarnais était essentiellement fournie par le porc, il était élevé en liberté et se nourrissait surtout de glands que l’on trouvait en foret. Cependant, les Palois trouvaient leur compte dans l’activité générée par la transhumance…. De plus, à partir du quinzième siècle, plusieurs familles Ossaloises se sont installées à Pau.
Palois et Ossalois ont souvent fait cause commune.
Sept siècles de combats et querelles
Avant le moyen âge, des tribus Ibériennes, les Osquidates Montani occupaient Ossau, Aspe et Barétous alors que les Osquidates Campestres occupaient Saint-Sever, Hagetmau, Monfort et Bazas.
Les Osquidates Montani étaient des pasteurs, ils vivaient du produit de leur bétail, recourraient à la transhumance (ovins et bovins) et émigraient dans les plaines du Pont-long pour passer l’hiver.
En fait, ils poussaient la transhumance en Chalosse et dans le Bordelais.
Toute l’histoire de notre petit pays a été pendant des siècles celle d’un affrontement violent entre les paysans sédentaires et les bergers nomades de la montagne désireux de conserver des pâturages pour leurs troupeaux en plaine.
Il était difficile d’accepter qu’un petit peuple des montagnes vienne dominer en plaine, face à de puissants voisins.
La bataille du Pont long à durée sept siècles. Il y a eu des morts et des blessés.
A partir du quinzième siècle, le temps ou les Ossalois pouvaient soutenir leur cause par la force des armes, est révolu et ils doivent faire appel à la justice et aux tribunaux.
Les Procureurs et agents du fisc s’attachent à combattre leurs privilèges; les Ossalois veillent et à chaque nouveau règne font confirmer leur possession, lettres et charte.
Les légistes béarnais voulaient faire de ces landes une dépendance de Pau et ainsi opposer les droits du Vicomte à ceux des montagnards.
A la fin du dix huitième siècles, le troupeau béarnais est décimé par une grande ��pizootie. La transhumance fut interrompue et le Pont long n’est plus stratégique.
Vers 1130 Centule IV pour construire un Châtelet au bord du Gave, négocia avec les Ossalois le terrain nécessaire, ils lui firent don de tout le territoire compris entre la rive du gave et une ligne formée par 3 pieux. Le châtelet puis la ville de Pau seront édifié sur ce territoire (en Béarnais Pieu se dit Pau et l’on retrouve les 3 pieux sur le Blason de la ville).
En 1221 Guilhem Raymond de Moncade octroie aux Ossalois une charte connue sous le nom de For d’Ossau; en contre partie il agrandit la superficie du territoire de Pau en y rajoutant le parc du château et Haute Plante.
Au treizième siècle Pau comptait 128 feux et le pays était peuplé par un chapelet de villages crées sur les sommets des collines environnant et dominant la lande.
Les Ossalois font bonne garde et face à toutes les intrusions Ils descendent de la montagne et tombent sur les envahisseurs qui payent cher leur intrusion. Par ces expéditions punitives les montagnards sont redoutables et redoutés.
Vers 1280 les habitants de Pau obtiennent l’autorisation de labourer les terres de Laherrère jusqu'à l’Oussère.
En 1310 les Ossalois permettent aux communes de Serres et de Montardon de faire pacager leurs troupeaux dans certains cantons de la lande, par la suite, ils accordèrent des droits de coupe, de pacage, de passage aux habitants de Laroin, Saint Faust et Lescar.
En 1385 le vicomtat du Béarn recense 12500 feux ou foyers, 900 feux étaient dénombrés sur Ossau.
Bien qu’ils soient numériquement en infériorité, les montagnards, habitués à une vie rude, étaient doués d’un sens inné des procédures judiciaires de l’époque.
Ils étaient très solidaires et, en face d’eux, les communautés riveraines du Pont-Long étaient souvent rivales.
En 1424 cependant, ils abandonnèrent au seigneur de Denguin, toute la partie du Pont-Long comprise entre Poey, Siros , Denguin, Beyrie et Bougarber sous condition, qu’elle reste ouverte pour les troupeaux de la vallée.
Vers 1460 les Ossalois bénéficient du soutien des vicomte du Béarn ; ils participent au financement de la rénovation du château de Pau.
En 1480 les Ossalois descendirent de la montagne en grand nombre (environ 1500), ils firent irruption sur le territoire de Lescar pour abattre et niveler un grand nombre de fossés.
Vers 1540 Henri II roi de Navarre prend possession des forets de Larrou et de Barrailh (foret de Bastard, domaine d’environ 300 ha) pour en faire un lieu de chasse.
En 1634 époque de Louis XIV, l’albergue (droit que tenait le seigneur d’être hébergé au frais du vassal dont il traverse les terres) est estimé à 200 livres pour le Pont-Long. Il est partagé entre les Ossalois (100 livres) et les villes et communes voisines au prorata de leur importance.
Vers 1770 le troupeau béarnais est décimé par la grande épizootie. Il y eut alors un arrêt sur la transhumance et donc sur la circulation des troupeaux qui minimisa l’importance du Pont-Long.
Partage par le tribunal en 1836
En 1830 les gens d’Ossau sont favorables à une transaction ; les landes du Pont-long sont partagées en deux et adjugées en toute propriété, une partie (la moitié), à la vallée d’Ossau et l’autre est partagée (par jugement du tribunal de Pau du 18/8/1836) entre les 31 communes environnantes à partir du mode de répartition de l’albergue de 1634.
Partage en pourcentage de la moitié des terres du Pont-long, suivant la distribution de l’Albergue de 1634 :
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Pau 15 % |
Lons 5 % |
Buros 3 % |
Sendet 1,1 % |
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Lescar 9 % |
Nousty 4,5 % |
Bougarber 3 % |
Poey 1,1 % |
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Morlaàs 8 % |
Caubios 4,1 % |
Laffiteau 3 % |
Lée 1 % |
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Maucor 7 % |
Serres Castet 4,1 % |
Mazerolles 3 % |
Bizanos 1 % |
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Denguin 6 % |
Artigueloutan 3 % |
Idron 2,1 % |
Serres Morlaàs 1 % |
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Momas 5 % |
Andoins 3 % |
Aubin 2 % |
Billère 1 % |
En 1863 la communauté Ossaloise (regroupant 18 communes copropriétaires) se scinda en 2 groupes, Haut et Bas Ossau et se partagèrent la lande. Le bas Ossau propriétaire de 1018 ha vendit sa part à la Compagnie Générale des Canaux et Tavaux Publics (cette société, fit d’importants investissements pour exploiter la lande, les résultats ne purent couvrir les frais considérables et la compagnie fut mise en liquidation). Cet essai malheureux n’a pas été inutile, car depuis cette époque la culture s’est développée autour de petites exploitations.
Bibliographie :
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BADIOLLE P. : Histoire du Pont–long
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TUCOO-CHALA P. : Le Pont-long du moyen-âge à maintenant
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LOUPBERGE J. : La Lande du Pont-long ; Mise en valeur